En effet, le processus de conception en BIM doit être suffisamment souple pour permettre les allers-retours entre les phases indispensables à une conception architecturale de qualité, souligne l’Ordre. Ainsi, les retours en arrière dans le projet doivent toujours être rendus possibles.
2/ Le BIM ne signifie pas moins de concurrence entre les intervenants.
L’utilisation du BIM ne doit pas s’accompagner d’une diminution de la concurrence entre entreprises, industriels et fournisseurs de matériaux, car cela se traduirait par un coût accru de l’acte de construire et limiterait les possibilités de création architecturale, note le Cnoa.
3/ La maquette numérique doit préserver l’unicité du projet architectural.
L’Ordre met en garde le recours au BIM contre l’appauvrissement de la création architectural qui pourrait découler de la généralisation d’assemblages d’éléments industriels répertoriés, préfabriqués et normés.
4/ Gagner du temps, ou ne pas en perdre inutilement
Pour chacune des phases de la maquette à renseigner, il conviendra de donner uniquement les données pertinentes et le niveau de détail lié. En effet, concevoir la maquette peut être très chronophage au début, lorsque l’outil n’est pas encore totalement maîtrisé. Il est aussi conseillé d’exiger du maître d’ouvrage qu’il précise clairement ses attentes vis-à-vis de la maquette numérique.
5/ Déterminer qui fait quoi
Un protocole de maîtrise d’œuvre doit être établi en amont entre les intervenants : modalités d’intervention sur la maquette, formats d’échange, niveaux de rendus… Encadre la procédure de passage de témoin entre les partenaires aux différentes phases du projet est crucial, rappelle l’Ordre.
6/ Maquette numérique plus riche = honoraires supplémentaires
La maquette numérique impose davantage de temps consacré aux phases d’études. Soit un travail supplémentaire qui doit être rémunéré en conséquence. Le maître d’ouvrage pourra récupérer son investissement sur les phases amont par une exploitation et une maintenance optimisées.
7/ Tracer les interventions
Des procédures de traçabilité des interventions sont à mettre en place pour identifier les partages de responsabilités en cas de contentieux et de sinistre. La traçabilité ne doit pas être limitée à la seule phase de conception, mais être permanente en phase de réalisation pour protéger la responsabilité des concepteurs.
8/ Se prémunir du plagiat
En effet, la numérisation peut multiplier les risques de plagiat et de réutilisation des données protégées. Il faut donc prévoir avec le maître d’ouvrage une clause sur la propriété intellectuelle qui précise qui détient la propriété sur la maquette numérique, ainsi que les modalités de cession de droits le cas échéant
.9/ Bien choisir son équipement et ses logiciels
Selon l’Ordre, un budget d’environ 10.000 € est à prévoir pour le passage d’un poste de conception 2D à un poste 3D maquette numérique, logiciel, formation et maintenance inclus. Selon la taille de l’agence et du projet, il faudra bien adapter ses outils sans se laisser « aveugler » par leur puissance potentielle. Pour les petites structures, le Cnoa recommande de mutualiser les outils et de mettre en place des plateformes collaboratives.
10/ Avant toute chose : se former
La question aujourd’hui, rappelle l’Ordre, n’est plus « dois-je prendre le virage du numérique », mais « comment dois-je le prendre ? ». Maîtrise des outils, management de la maquette, maîtrise des aspects techniques et contractuels, mais aussi juridiques… Autant de notions qu’il faut acquérir avant de lancer un projet. Une formation en BIM permettra d’accompagner l’agence dans le choix pertinent des outils numériques et la mise en place de bonnes pratiques.
Bien distinguer les formations « maquette numérique » des formations « BIM », plus longues et plus détaillées. Celles-ci peuvent aller d’une simple journée de sensibilisation générale à un cursus type Master spécialisé BIM.